Mon·Barème
Suisse · Résidents · Exercice 2026

Retirer son capital de prévoyance

Un capital de deuxième pilier, de libre passage ou de pilier 3a est imposé séparément des autres revenus, à un taux réduit, l'année du versement. Trois impôts s'additionnent — fédéral, cantonal, communal — et chacun obéit à une règle différente.

Quatre cantons pour l'instant : Genève, Berne, Vaud et Zurich. Chaque canton fixe sa propre règle de calcul, et aucune ne se déduit d'une autre — Genève et Vaud divisent par cinq les taux de leur barème ordinaire, Zurich retient le taux d'un vingtième du capital, Berne publie un barème entièrement distinct. Les vingt-deux autres arrivent, chacun sourcé dans sa loi fiscale et vérifié avant d'être publié. Cette page indiquera toujours ce qu'elle couvre réellement.

Votre retrait

C'est votre domicile qui compte, jamais le siège de l'institution qui verse. Trois cantons sont couverts ; les autres arrivent.

Les quarante-quatre communes genevoises qui ont voté leur taux pour 2026. Vernier manque : elle ne l'avait pas fait, et lui prêter son taux de 2025 reviendrait à inventer un millésime.

Deuxième pilier, compte de libre passage ou pilier 3a. Montant brut.

Le barème le plus favorable vaut aussi pour une personne seule vivant avec des enfants à charge. Le concubinage, non.

Répartis sur autant d'années civiles distinctes. C'est le seul levier réel : le barème est progressif.

Impôt sur le retrait — Genève, canton de Genève
37'051.07 CHF
Soit 7,41 % du capital retiré. Il vous reste 462'948.93 CHF.
Impôt fédéral direct
10'501 CHF
Impôt cantonal
19'699 CHF
Impôt communal
6'851 CHF
Économie par échelonnement
Capital net 92,6 %Impôt 7,4 %

Le détail des trois impôts

Impôt fédéral directle cinquième du barème ordinaire, art. 38 LIFD10'500.67
Impôt simple cantonaltaux du barème ordinaire divisés par 5, art. 45 al. 2 LIPP — avant coefficients15'060.64
Impôt cantonalimpôt simple × 130,80 %19'699.32
Impôt communalle même impôt simple × 45,49 %6'851.08
Total7,41 % du capital37'051.07
L'échelonnement est le seul vrai levier. Le barème est progressif : retirer le capital en plusieurs fois, sur des années civiles distinctes, abaisse le taux de chaque part. Essayez avec deux ou trois versements — sur des montants élevés, l'écart se compte en dizaines de milliers de francs.
À savoir avant d'utiliser ce chiffre.
  • Ce calcul vise un **résident suisse**. Une personne domiciliée à l'étranger relève de l'impôt à la source, avec des barèmes tout autres : c'est l'objet du calculateur des frontaliers.
  • La règle cantonale est celle de Genève (art. 45 al. 2 LIPP) : les taux du barème ordinaire sont divisés par 5, les bornes de tranches restant les mêmes. Chaque canton a la sienne, et elles diffèrent profondément — ne transposez pas ce résultat ailleurs.
  • Aucune déduction sociale n'est accordée sur une prestation en capital, ni au fédéral (art. 38 al. 3 LIFD) ni dans le canton. Le capital est imposé tel quel.
  • Le calcul est confronté au simulateur officiel de l'AFC, composante par composante — impôt fédéral, cantonal et communal séparément, sur huit capitaux et deux situations familiales. Il n'en reste pas moins un calcul de barème : votre taxation dépendra aussi d'éléments que ce module ne connaît pas.
  • L'impôt ecclésiastique n'est pas compté, et le calcul ne traite ni le délai de trois ans qui suit un rachat, ni les conditions du retrait lui-même.

Résident ou frontalier : deux régimes sans rapport

Si vous êtes domicilié hors de Suisse, cette page ne vous concerne pas. Vous relevez de l'impôt à la source, avec des barèmes fédéraux publiés canton par canton — et surtout, l'impôt prélevé vous est le plus souvent remboursable. C'est l'objet du calculateur destiné aux frontaliers.

Un résident, lui, relève de l'imposition ordinaire séparée. Rien n'est remboursable, et le montant dépend de sa commune autant que de son canton.

Trois impôts, trois mécaniques

L'impôt fédéral direct applique le barème ordinaire du revenu, mais à des taux représentant le cinquième de celui-ci (art. 38 LIFD). Les bornes de tranches restent les mêmes ; seuls les taux sont divisés. Le plafond constitutionnel de 11,5 % devient donc 2,3 %. C'est la seule des trois règles qui vaille dans toute la Suisse.

Genève reprend la même mécanique sur son propre barème : l'impôt est calculé « sur la base du taux représentant le cinquième du barème inscrit à l'article 41 » (art. 45 al. 2 LIPP). Le splitting des couples s'y applique, l'alinéa 3 le réservant expressément.

Vaud fait de même (art. 49 al. 2 LI), mais sur un barème que la loi n'imprime plus à jour : le canton compense la progression à froid intégralement et chaque année, et seuls les montants indexés s'appliquent. Il ajoute un quotient familial de 1,8 part pour les époux — ce qui n'est pas un splitting, 1,8 n'étant pas 2.

Berne ne dérive rien du tout : l'art. 44 StG publie son propre barème, sans rapport avec celui du revenu, et pose une franchise de 5 300 francs en dessous de laquelle rien n'est dû. Au-delà, tout le montant est imposé — la franchise ne se déduit pas.

Zurich procède tout autrement (§ 37 StG) : on cherche le taux qui s'appliquerait si, au lieu du capital, une prestation annuelle d'un vingtième était versée — puis ce taux frappe le capital entier. Un cinquième des taux d'un côté, un vingtième de la base de l'autre : les deux règles n'ont rien de commun, et les confondre change tout.

L'impôt communal enfin n'est pas une part du cantonal : il multiplie le même impôt simple par son propre coefficient. À Zurich-ville, 95 % pour le canton et 119 % pour la commune — la commune coûte donc plus cher que le canton, ce qui surprend toujours.

Genève : un coefficient qui ne se lit dans aucun texte

L'impôt cantonal genevois vaut 130,8 % de l'impôt de base, et ce chiffre n'est écrit nulle part. Il résulte de trois dispositions qui se composent : 47,5 centimes additionnels cantonaux, 1 centime supplémentaire pour l'aide et les soins à domicile, et une diminution de 12 % de l'impôt sur le revenu — héritée d'une initiative populaire votée en 1999.

L'ordre d'application, lui, n'est fixé par aucun texte, et il change le résultat : diminuer l'ensemble donnerait 130,68 %, diminuer tout sauf le centime d'aide à domicile donne 130,80 %. Le simulateur officiel tranche pour la seconde lecture, à la cinquième décimale, sur sept millésimes et les quarante-quatre communes du canton. C'est celle qui est retenue ici, et la question est signalée plutôt que masquée.

Vernier manque à l'appel. La commune n'avait pas voté son taux 2026 à la publication du classeur officiel — elle perçoit des douzièmes provisionnels. Lui prêter son taux de 2025 reviendrait à inventer un millésime, ce que ce site s'interdit.

La commune pèse plus qu'on ne le croit

Sur 500 000 francs retirés par une personne seule, à loi cantonale identique et capital identique, l'impôt genevois va de 33 965 francs à Cologny à 37 881 à Chancy ou à Avully. Près de quatre mille francs d'écart, décidés par un conseil municipal. Genève-ville se situe entre les deux, à 37 051 francs.

L'écart vaudois est plus large encore : 37 570 francs à Eclépens, 42 552 à La Praz — près de cinq mille francs entre deux communes du même canton, pour le même retrait.

C'est le domicile qui compte, jamais le siège de l'institution qui verse — la règle est l'inverse de celle qui vaut pour un bénéficiaire domicilié à l'étranger.

Berne : une quotité qui n'est pas un pourcentage

Berne exprime son impôt en quotités, c'est-à-dire en multiples de l'impôt simple : 2,975 pour le canton en 2026, 1,54 pour la ville de Berne. Ensemble, 4,515 fois l'impôt simple — et non 4,5 %. Un lecteur habitué aux centimes genevois ou aux pour-cent vaudois lit ces chiffres à contresens s'il les prend pour des pourcentages.

L'écart entre communes bernoises est le plus large des quatre cantons : 0,89 à Deisswil bei Münchenbuchsee contre 2,2 à Schelten, soit 36 831 francs contre 45 755 sur un retrait de 500 000. Près de neuf mille francs, pour la même loi cantonale.

Vaud : une réduction que le capital ne reçoit pas

L'impôt cantonal vaudois vaut 155 % de l'impôt de base. Une loi cantonale réduit ensuite cet impôt de 5 % pour 2026 — mais « à l'exception de l'impôt cantonal de base afférent aux revenus imposés selon les articles 48a et 49 LI ». Un retrait de capital relève précisément de l'article 49 : il supporte donc les 155 % pleins, là où un salaire n'en supporte que 147,25.

C'est le genre d'exception qui ne se voit pas : appliquer la réduction au capital donnerait un résultat plausible, inférieur de 5 % au montant réellement dû. Un test verrouille la distinction.

Le classement entre cantons s'inverse selon le montant

Sur 500 000 francs, Zurich-ville coûte 35 068 francs, Genève-ville 37 051, Berne 41 259 et Lausanne 41 946. Sur 100 000 francs, l'ordre change du tout au tout : 4 125 francs à Genève, 4 589 à Lausanne, 4 628 à Berne, 4 817 à Zurich.

La cause est le plancher zurichois de 2 % d'impôt simple, qui s'applique quel que soit le barème. En dessous d'environ deux cent mille francs, c'est lui qui commande, et l'impôt cantonal cesse d'être progressif. Conséquence, confirmée par le simulateur officiel : sur 100 000 francs, un couple zurichois paie exactement le même impôt cantonal qu'une personne seule. À Genève, le même couple paie 2 729 francs contre 4 125 — le splitting y joue pleinement.

Aucune comparaison entre cantons ne tient donc sans le montant. Un classement établi sur un capital ne vaut pas pour un autre.

Fractionner est le seul levier réellement efficace

Le barème est progressif. Retirer un capital en plusieurs fois, sur des années civiles distinctes, ramène chaque part vers un taux inférieur. Sur un million de francs, trois versements au lieu d'un font économiser 48 440 francs à Zurich-ville, 23 621 à Berne, 14 193 à Lausanne et 13 446 à Genève-ville.

L'écart entre ces deux chiffres n'est pas une anomalie : il vient de la règle cantonale elle-même. Le vingtième zurichois projette le capital très bas dans le barème, là où la progression est la plus raide ; le cinquième genevois, lui, garde le capital entier comme base. Le levier existe partout, mais il ne rapporte pas la même chose partout.

Deux conditions, cependant. Votre institution doit l'autoriser — beaucoup limitent le nombre de retraits partiels. Et les versements doivent tomber sur des années différentes : décembre et janvier valent mieux qu'octobre et novembre.

Ce que ce calcul fait, et ce qu'il ne fait pas

Il est vérifié contre le simulateur officiel de l'AFC, composante par composante — impôt fédéral, cantonal et communal comparés séparément, sur huit capitaux et deux situations familiales, dans chacun des quatre cantons. Aucun écart.

Il ne compte pas l'impôt ecclésiastique, qui s'ajoute pour les membres d'une paroisse reconnue sous la forme d'un coefficient supplémentaire sur le même impôt simple.

Il ne traite pas non plus les conditions du retrait : âge, départ définitif, activité indépendante, acquisition d'un logement. Ni le délai de trois ans qui suit un rachat de deuxième pilier, que le calculateur de rachat date précisément — un capital retiré trop tôt après un rachat fait perdre la déduction obtenue.

Enfin, aucune déduction sociale n'est accordée sur une prestation en capital, ni au fédéral (art. 38 al. 3 LIFD), ni à Genève (art. 45 al. 4 LIPP), ni à Vaud (art. 49 al. 3 LI), ni à Berne (art. 44 al. 1 StG), ni à Zurich (§ 37 al. 2 StG). Le capital est imposé tel quel.

Un point vaudois enfin : le quotient familial du canton accorde aussi 1,3 part à une personne seule vivant avec un enfant et 0,5 par enfant. Ces parts-là ne sont pas modélisées ici, et elles ne jouent de toute façon aucun rôle sur une prestation en capital : l'art. 49 al. 4 LI impose le quotient des époux sans enfant. Elles comptent en revanche pour l'impôt sur le revenu ordinaire.

Sources

Avertissement. Estimation à caractère indicatif, calculée à partir des valeurs que vous saisissez et des barèmes officiels publiés à la date indiquée. Ne constitue ni un conseil fiscal, ni un conseil juridique, ni un conseil en investissement. Votre situation réelle peut comporter des éléments que ce calculateur ne prend pas en compte : faites confirmer par un professionnel avant toute décision engageante.