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France · Immobilier · Revenus 2025

Location meublée : micro ou réel

Le micro-BIC est un forfait : 50 % de vos recettes sont réputées couvrir vos charges, quoi qu'il en soit réellement. Le régime réel les déduit toutes — et surtout, il permet d'amortir le bien. C'est l'amortissement, et lui seul, qui fait l'intérêt fiscal du meublé.

La réforme de 2025 ne touche pas la location de longue durée. On lit souvent l'inverse. Elle vise les meublés de tourisme : les non classés tombent à 30 % d'abattement et 15 000 € de seuil. Un meublé loué à l'année — comme un meublé de tourisme classé et les chambres d'hôtes — reste à 50 % et 77 700 €, dans la catégorie « autres activités de location meublée ». Confondre les deux change le résultat du simple au double.

Votre location

La réforme de 2025 ne vise que le meublé de tourisme non classé : 30 % et 15 000 € au lieu de 50 % et 77 700.

Loyers encaissés, charges refacturées comprises.

Vos charges réelles

Taxe foncière, assurance, copropriété, entretien, honoraires de gestion.

Ce que vous amortissez

Aucun texte ne la fixe : elle dépend du bien et de son emplacement, et c'est l'un des points les plus contestés.

Usage courant : 25 à 30 ans. L'amortissement doit refléter la durée réelle d'utilisation.

La fraction qui n'a pas pu être déduite. Elle n'est pas perdue.

Votre imposition

0, 11, 30, 41 ou 45 %. Notre calculateur d'impôt sur le revenu vous le donne.

17,2 % jusqu'ici. La hausse de CSG de 2026 pourrait le porter à 18,6 % : aucun texte consulté ne nomme expressément les locations meublées, le taux est donc laissé à votre appréciation.

Le régime réel vous ferait gagner
2 939
Impôt et prélèvements sociaux : 4 720 € au micro-BIC contre 1 781 € au réel.
Base au micro-BIC
10 000 €
Base au réel
3 774 €
Amortissement déduit
9 226 €
Report créé cette année
0 €

Les deux régimes, côte à côte

Sur 20 000 € de recettesMicro-BICRéel
Charges retenuesforfait de 50 % contre charges réelles et amortissement10 00016 226
Résultat imposable10 0003 774
Impôt sur le revenu3 0001 132
Prélèvements sociaux1 720649
Total4 7201 781
À savoir avant d'utiliser ce chiffre.
  • L'amortissement ne peut pas créer de déficit (art. 39 C, II du CGI). La fraction qu'il n'est pas possible de déduire n'est pas perdue : elle se reporte sans limite de durée sur les bénéfices futurs de la même activité. Un calculateur qui affiche un déficit imputable sur votre revenu global se trompe.
  • Aucun texte ne fixe les durées d'amortissement ni la part du terrain. L'amortissement doit refléter la durée réelle d'utilisation, composant par composant, et la part du terrain dépend du bien et de son emplacement — c'est l'un des points que l'administration conteste le plus. Les valeurs proposées sont des usages, pas des règles : les retenir trop favorables expose à un redressement.
  • Le régime réel suppose une comptabilité — bilan, compte de résultat, liasse 2031 — et le recours à un expert-comptable coûte couramment 500 à 1 000 € par an. Ce coût n'est pas compté ici, alors qu'il peut annuler l'avantage sur de petites recettes.
  • L'option pour le réel engage pour un an, renouvelable tacitement, et le retour au micro fait perdre les amortissements en report. Ce n'est pas une décision annuelle qu'on prend au vu d'un seul exercice.

L'amortissement, une charge sans décaissement

C'est ce que la location nue ne permet pas, et c'est toute la différence. Au régime réel, vous déduisez chaque année une fraction du prix du bien — hors terrain, qui ne s'use pas — et du mobilier, sans rien débourser. Sur un bien de 250 000 € amorti en trente ans, cela fait plus de 7 000 € de charge annuelle qui ne sort d'aucune poche.

C'est pourquoi tant de meublés ne paient aucun impôt pendant des années : les loyers rentrent, l'amortissement les absorbe.

Mais l'amortissement ne peut pas créer de déficit

L'article 39 C, II du CGI le borne : il ne peut ni créer ni augmenter un déficit. Autrement dit, il peut ramener votre résultat à zéro, jamais en dessous. Un calculateur qui affiche un déficit imputable sur votre revenu global se trompe — c'est l'erreur la plus répandue sur le sujet.

La fraction non déduite n'est pas perdue pour autant : elle se reporte sans limite de durée sur les bénéfices futurs de la même activité. Le régime réel est donc plus favorable qu'il n'y paraît sur un seul exercice, et le calculateur affiche le report qu'il crée.

Ce que le droit ne fixe pas — et qu'il ne faut pas prendre pour une règle

Ni les durées d'amortissement, ni la part du terrain. L'amortissement doit refléter la durée réelle d'utilisation, composant par composant ; la part du terrain dépend du bien et de son emplacement. Ce sont des usages — 25 à 30 ans pour le bâti, 15 % pour le terrain —, et l'administration conteste régulièrement une part de terrain trop faible, qui gonfle l'amortissement. Les valeurs sont donc modifiables ici, et présentées comme telles.

Le taux de prélèvements sociaux est laissé à votre appréciation. Il vaut 17,2 % jusqu'ici, mais la hausse de CSG de la loi de financement pour 2026 porte les revenus du patrimoine à 18,6 % — et aucun texte consulté ne nomme expressément les locations meublées parmi les exemptions, qui ne visent que les revenus fonciers, les plus-values immobilières, l'assurance-vie et l'épargne logement. Faute de certitude, ce site préfère exposer le taux plutôt que de le deviner.

Le réel a un coût, et ce n'est pas un détail

Il suppose une comptabilité complète — bilan, compte de résultat, liasse 2031 — et le recours à un expert-comptable coûte couramment 500 à 1 000 € par an. Ce coût n'est pas compté dans la comparaison, alors qu'il peut annuler l'avantage sur de petites recettes. L'option engage par ailleurs pour un an, renouvelable tacitement, et revenir au micro fait perdre les amortissements en report.

Ce que ce calcul ne fait pas

Il ne traite ni le passage en loueur professionnel — au-delà de 23 000 € de recettes excédant les autres revenus d'activité du foyer, le régime change entièrement —, ni la cotisation foncière des entreprises, ni la TVA sur les résidences de services, ni la plus-value de cession, dont le régime a été modifié pour les LMNP. Il ne modélise pas non plus l'amortissement par composants, plus fin que la répartition retenue ici.

Sources

Avertissement. Estimation à caractère indicatif, calculée à partir des valeurs que vous saisissez et des barèmes officiels publiés à la date indiquée. Ne constitue ni un conseil fiscal, ni un conseil juridique, ni un conseil en investissement. Votre situation réelle peut comporter des éléments que ce calculateur ne prend pas en compte : faites confirmer par un professionnel avant toute décision engageante.