Flat tax ou barème
On vous dira de comparer votre taux marginal à 12,8 %. C'est faux, et cette page montre pourquoi : l'abattement de 40 % sur les dividendes, la CSG déductible et la décote déplacent le point de bascule, parfois de plus de dix mille euros de revenu.
Votre foyer
Le barème est progressif : le même dividende n'est pas imposé pareil selon ce qu'il y a en dessous.
Vos revenus du capital
Les seuls à bénéficier de l'abattement de 40 %, et seulement sur option pour le barème.
Aucun abattement, dans les deux régimes.
Elles relèvent des revenus du patrimoine : la hausse de CSG s'y applique dès 2025.
Décisif pour 2025 : un payeur français relève des produits de placement, encore à 9,2 % de CSG. Un payeur étranger relève du patrimoine, déjà à 10,6 %.
| Sur 5 000 € de revenus du capital | Forfait | Barème |
|---|---|---|
| Assiette de l'impôt sur le revenuabattement de 40 % sur option seulement | 5 000 | 3 000 |
| Impôt sur le revenu | 640 | 900 |
| Prélèvements sociauxidentiques : même base, mêmes taux | 860 | 860 |
| Total de l'année | 1 500 | 1 760 |
- L'option pour le barème est globale, annuelle et irrévocable. Elle vaut pour *tous* les revenus de capitaux mobiliers et *toutes* les plus-values du foyer, pas pour le placement que vous examinez. Un simulateur qui raisonne sur un seul produit ne répond donc pas à la question posée.
- Les prélèvements sociaux sont identiques dans les deux régimes : ils frappent la base brute, avant tout abattement, que vous optiez ou non. Ce qui se compare est donc le seul impôt sur le revenu.
- La « flat tax à 30 % » n'en fait plus 30 pour tous les revenus de 2025. La CSG passe de 9,2 % à 10,6 % (LFSS 2026, art. 12), et la date d'effet diffère selon la nature du revenu : dès les revenus de 2025 pour les revenus du patrimoine — plus-values de cession, revenus de source étrangère —, mais seulement au 1.1.2026 pour les produits de placement versés par un établissement français. Une plus-value de 2025 supporte donc 18,6 % de prélèvements sociaux là où un dividende français en supporte 17,2 %.
- La CSG déductible ne joue pas la même année. Elle se retranche du revenu global de l'année où elle est payée, soit l'année suivante — et elle n'existe que sur option pour le barème. Elle est chiffrée à part pour cette raison.
- Ce calcul ne traite ni l'assurance-vie, dont les produits ont leur propre régime et leurs abattements de 4 600 et 9 200 €, ni les abattements pour durée de détention, réservés aux titres acquis avant 2018, ni l'abattement fixe des dirigeants partant à la retraite, ni la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus.
- L'abattement de 40 % sur les dividendes n'existe que sur option pour le barème, et il déplace le point de bascule : le barème n'imposant que 60 % du dividende, le forfait ne devient meilleur qu'au-delà d'un taux marginal d'environ 21,3 % (12,8 / 0,6), et non de 12,8 %. Aucune tranche ne vaut 21,3 % — en pratique, le barème l'emporte jusqu'à 11 % et le forfait à partir de 30 %.
L'option est globale, annuelle et irrévocable
C'est le point que la plupart des simulateurs passent sous silence en raisonnant sur un seul placement. L'option pour le barème vaut pour l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers et des plus-values du foyer entrant dans le champ du prélèvement forfaitaire, pour l'année entière. On ne choisit pas produit par produit, et une fois la date limite de déclaration passée, on ne revient pas dessus.
Conséquence pratique : un chiffrage qui ne porterait que sur votre assurance-vie ou que sur vos dividendes ne répond pas à la question. Il faut additionner.
Les prélèvements sociaux ne se comparent pas : ils sont identiques
Ils frappent la base brute, avant tout abattement, que vous optiez ou non — la DGFiP le précise expressément pour l'abattement de 40 %. Ce qui se compare est donc le seul impôt sur le revenu : 12,8 % forfaitaires d'un côté, le barème de l'autre, mais appliqué à une base réduite.
Pourquoi la règle du pouce est fausse
Sur les dividendes, l'abattement de 40 % fait que le barème n'impose que 60 % du montant. Le forfait ne devient donc meilleur qu'au-delà d'un taux marginal d'environ 21,3 % (12,8 ÷ 0,6), et non de 12,8 %. Aucune tranche du barème ne vaut 21,3 % : en pratique, le barème l'emporte largement au-delà du point où la règle du pouce le condamnerait.
Et la décote renverse la règle dans l'autre sens. Elle se réduit de 45,25 % de l'impôt : dans sa zone, un euro de revenu supplémentaire coûte non pas 11 % mais environ 16 %. Mesuré pour un célibataire percevant 5 000 € d'intérêts, le forfait passe devant dès 20 000 € de salaire — alors que le foyer est encore dans la tranche à 11 %, donc « largement sous 12,8 % » selon la règle du pouce.
C'est pourquoi ce calculateur ne multiplie rien par un taux marginal : il fait deux calculs d'impôt complets, l'un sans vos revenus du capital et l'autre avec, et prend la différence.
La CSG déductible ne joue pas la même année
Elle n'existe que sur option pour le barème, à hauteur de 6,8 % — et ce taux n'a pas suivi la hausse de la CSG : la part non déductible passe donc de 2,4 à 3,8 points. Surtout, elle se retranche du revenu global de l'année où elle est payée, soit l'année suivante. Elle est donc chiffrée à part, plutôt qu'ajoutée en douce à l'économie de l'année.
Ce que ce calcul ne fait pas
Il ne traite ni l'assurance-vie, dont les produits ont leur propre régime, leurs abattements de 4 600 et 9 200 € et une CSG restée à 9,2 %, ni les abattements pour durée de détention, réservés aux titres acquis avant 2018, ni l'abattement fixe des dirigeants partant à la retraite, ni la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus. Il ne traite pas davantage les revenus fonciers ni les plus-values immobilières, qui relèvent d'autres régimes et restent à 9,2 % de CSG.
Sources
- BOI-RPPM-RCM-20-15 - Modalites d'imposition des revenus de capitaux mobiliers — Bulletin officiel des finances publiques - DGFiP, état au 21 juin 2021. Le taux forfaitaire d'imposition a l'impot sur le revenu des revenus de capitaux mobiliers est fixe par principe a 12,8 % (art. 200 A CGI). L'option pour le bareme progressif est exercee de maniere GLOBALE pour l'ensemble des revenus dans le champ de l'imposition forfaitaire ; elle est annuelle et irrevocable. Sur option, les dividendes sont pris en compte apres application de l'abattement de 40 % ; sous l'imposition forfaitaire, cet abattement ne s'applique pas, non plus que les depenses engagees pour l'acquisition ou la conservation des revenus.
- Brochure pratique impot sur le revenu 2026 - chapitre Principales nouveautes — Direction generale des finances publiques, état au 1 janvier 2026. Le taux de la CSG est porte de 9,2 % a 10,6 % sur les revenus du patrimoine et les produits de placement. Les revenus fonciers, les plus-values immobilieres, l'assurance-vie et l'epargne logement restent soumis au taux de 9,2 %. Le taux de CSG deductible reste a 6,8 %. La hausse s'applique a compter des revenus 2025 declares en 2026 pour les revenus du patrimoine, et a compter du 1.1.2026 pour les produits de placement. (LFSS 2026, art. 12 ; CSS, art. L. 136-8.)
- Brochure pratique impot sur le revenu 2026 - aide-memoire chiffre — Direction generale des finances publiques, état au 1 janvier 2026. Plafond annuel de la securite sociale : 41 136 EUR en 2022, 43 992 en 2023, 46 368 en 2024, 47 100 en 2025. Epargne-retraite, cotisations deductibles du revenu global : minimum 4 114 EUR et maximum 32 909 pour les revenus 2022 et 2023, 4 399 et 35 194 pour 2024, 4 637 et 37 094 pour 2025 - montants eventuellement majores du plafond non utilise au titre des annees precedentes (note 13).
- Brochure pratique impôt sur le revenu 2026 — chapitre « Calcul de l'impôt » et aide-mémoire — Direction générale des finances publiques, état au 1 janvier 2026. Barème 2026 applicable aux revenus de 2025 : 0 % jusqu'à 11 600 €, 11 % jusqu'à 29 579 €, 30 % jusqu'à 84 577 €, 41 % jusqu'à 181 917 €, 45 % au-delà. Le même document donne la formule rapide équivalente (R × 0,30 − 6 896,01 × N, etc.), ce qui permet de vérifier l'implémentation contre deux expressions officielles de la même loi. Plafonnement du quotient familial : 1 807 € par demi-part excédentaire, 4 262 € pour les deux premières demi-parts d'un parent isolé, 1 801 € et 2 011 € pour les majorations d'invalidité et de veuvage. Décote : 897 € pour une personne seule, 1 483 € pour un couple, diminuée de 45,25 % de l'impôt. Nombre de parts (tableau 1). Tableau des revenus à partir desquels le plafonnement s'applique (tableau 4). Arrondi à l'euro le plus proche et seuil de mise en recouvrement de 61 €.