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France · Immobilier · Cessions de particuliers

La plus-value immobilière

« Exonéré après 22 ans » est vrai — et incomplet. L'impôt sur le revenu s'efface bien au bout de vingt-deux ans, mais les prélèvements sociaux courent jusqu'à trente. Entre les deux, un vendeur qui se croit à l'abri reçoit une note de plusieurs milliers d'euros.

Vérifiez d'abord si vous êtes exonéré. La résidence principale est exonérée en totalité, sans condition de durée : le calcul ci-dessous ne se pose alors pas. D'autres exonérations existent — première cession d'un logement autre que la résidence principale, cessions inférieures à 15 000 €, retraités et invalides de condition modeste, expropriations. Ce calculateur n'en traite aucune : il chiffre ce qui reste dû quand aucune ne s'applique.

La vente

Diagnostics obligatoires, mainlevée d'hypothèque. Ils viennent en diminution du prix.

L'acquisition

Ou la valeur retenue pour les droits de mutation si le bien a été reçu par succession ou donation.

En années révolues. Cinq ans et onze mois n'ouvrent aucun droit.

Le forfait de 7,5 % pour frais d'acquisition ne vaut que pour un bien acheté.

Le forfait travaux de 15 % ne s'applique pas à un terrain nu.

Les majorations

Impôt total sur la plus-value
48 181
Soit 31,1 % d'une plus-value brute de 155 000 €.
Impôt sur le revenu
20 615 €
Prélèvements sociaux
24 461 €
Taxe sur les PV élevées
3 105 €
Exonération sociale dans
20 an(s)

Le prix d'acquisition majoré

Prix d'acquisition200 000
Frais d'acquisitionforfait de 7,5 %+15 000
Travauxforfait de 15 %+30 000
Prix majoré245 000

Deux abattements, deux calendriers

Sur 155 000 € de plus-value bruteImpôt sur le revenuPrélèvements sociaux
Abattement pour durée de détention10 ans révolus46 50012 788
Plus-value imposable108 500142 213
Taux19 % et 17,2 %20 61524 461
Exonération totaleà compter de22 ans30 ans
À savoir avant d'utiliser ce chiffre.
  • Les deux abattements n'ont ni la même cadence ni la même fin. L'impôt sur le revenu s'efface au bout de 22 ans, les prélèvements sociaux seulement au bout de 30. Entre les deux, une vente reste taxée alors que le vendeur se croit exonéré.
  • L'abattement se compte en années révolues : cinq ans et onze mois n'ouvrent aucun droit. Décaler une signature de quelques semaines change parfois le résultat de plusieurs milliers d'euros.
  • Ce calcul ne traite aucune exonération : ni la résidence principale — la plus fréquente, et totale —, ni la première cession d'un logement autre que la résidence principale, ni les cessions inférieures à 15 000 €, ni les retraités et invalides de condition modeste, ni les expropriations, ni les remplois. Vérifiez d'abord si vous êtes exonéré : le calcul ne se pose qu'ensuite.
  • Le forfait travaux de 15 % a été retenu. Il ne suppose aucun justificatif et se cumule avec le forfait de frais d'acquisition, mais vos travaux réels peuvent le dépasser largement : dans ce cas, gardez vos factures et déclarez le montant réel.
  • La taxe sur les plus-values élevées s'ajoute au-delà de 50 000 € de plus-value imposable à l'impôt sur le revenu. Son taux ne s'applique pas par tranches mais à la plus-value entière ; un terme correcteur amortit chaque palier.
  • Le lissage réduit la marche du seuil, il ne la supprime pas. À 50 000 € la taxe est nulle ; à 50 001 €, elle vaut déjà 500 €, puis ne croît plus que de sept centimes par euro. Un euro de plus-value peut donc coûter cinq cents euros — c'est l'un des rares endroits du droit fiscal français où arrondir un prix de vente à la baisse rapporte.

Deux abattements qui n'ont ni la même cadence ni la même fin

Pour l'impôt sur le revenu : 6 % par année de détention au-delà de la cinquième et jusqu'à la vingt-et-unième, puis 4 % la vingt-deuxième. Seize années à 6 % font 96 %, plus 4 % : la loi tombe juste, et l'exonération est acquise à 22 ans.

Pour les prélèvements sociaux : 1,65 % par an sur la même période, 1,60 % la vingt-deuxième année, puis 9 % par an au-delà. Au terme de la vingt-et-unième année, l'abattement social n'a effacé que 26,4 % de la base — contre 96 % côté impôt sur le revenu. L'exonération n'arrive qu'à 30 ans.

La conséquence est contre-intuitive : entre vingt-deux et trente ans, l'impôt restant est entièrement social, et il fond très vite — 9 points par an. Vendre à vingt-huit ans plutôt qu'à vingt-cinq change le résultat bien plus que les trois années ne le laissent croire.

Les deux forfaits, et ce qu'ils supposent

7,5 % du prix d'acquisition au titre des frais, sans aucun justificatif — mais seulement pour une acquisition à titre onéreux. Un bien reçu par succession ou donation n'y a pas droit : seuls les frais réellement acquittés, droits de mutation compris, majorent alors le prix.

15 % au titre des travaux, sans justificatif non plus, à deux conditions : un immeuble bâti — jamais un terrain nu — et une détention de plus de cinq ans. Ce forfait se cumule avec le précédent, et il est souvent plus favorable que les factures réellement conservées. Mais l'inverse arrive : sur un bien lourdement rénové, gardez vos justificatifs.

Seuls comptent les travaux de construction, reconstruction, agrandissement ou amélioration. L'entretien et les réparations n'entrent jamais dans le prix majoré, et c'est la déception la plus fréquente au moment de la vente.

La taxe sur les plus-values élevées, et sa marche de cinq cents euros

Au-delà de 50 000 € de plus-value imposable à l'impôt sur le revenu, une taxe supplémentaire s'ajoute, de 2 à 6 %. Son taux ne s'applique pas par tranches mais à la plus-value entière : c'est ce qui la rend brutale, et c'est pourquoi le législateur a inséré des termes correcteurs avant chaque palier.

Ce lissage réduit la marche, il ne la supprime pas. Sans lui, 50 001 € coûteraient 1 000 € de taxe ; avec lui, 500 € — puis sept centimes par euro supplémentaire. Un euro de plus-value peut donc coûter cinq cents euros. C'est l'un des rares endroits du droit fiscal français où soigner ses justificatifs de travaux à quelques centaines d'euros près se paie immédiatement.

Ce que ce calcul ne fait pas

Il ne traite aucune exonération — voir l'avertissement en tête de page. Il ne traite pas non plus les cessions de titres de sociétés à prépondérance immobilière, les biens détenus en démembrement, les cessions par des non-résidents — soumises au prélèvement de l'art. 244 bis A —, ni l'abattement exceptionnel applicable en zone tendue sous condition de construction.

Une précision qui a son importance : les plus-values immobilières échappent à la hausse de CSG de la loi de financement pour 2026. Leur CSG reste à 9,2 %, et le total des prélèvements sociaux à 17,2 % — là où les plus-values de cession de valeurs mobilières sont passées à 18,6 %.

Sources

Avertissement. Estimation à caractère indicatif, calculée à partir des valeurs que vous saisissez et des barèmes officiels publiés à la date indiquée. Ne constitue ni un conseil fiscal, ni un conseil juridique, ni un conseil en investissement. Votre situation réelle peut comporter des éléments que ce calculateur ne prend pas en compte : faites confirmer par un professionnel avant toute décision engageante.