Les droits de succession
Il n'existe pas d'impôt « sur la succession ». Chaque héritier est taxé séparément, sur sa part, avec son propre abattement et son propre barème. C'est pourquoi deux enfants recevant chacun 200 000 € paient bien moins qu'un enfant unique en recevant 400 000.
Héritier 1
Après déduction des dettes du défunt et des frais funéraires. Laissez à zéro pour ignorer cet héritier.
Elles consomment l'abattement — c'est le rappel fiscal.
Héritier 2
Laissez à zéro si cet héritier n'existe pas.
Part par part
| Héritier | Part nette | Abattement | Base taxable | Droits |
|---|---|---|---|---|
| Héritier 1Enfant, père ou mère — ligne directe | 300 000 | 100 000 | 200 000 | 38 194 |
| Total | 300 000 | — | — | 38 194 |
Ce que chacun reçoit réellement
| Héritier 1Enfant, père ou mère — ligne directe | 261 806 |
- Ce calcul porte sur la part nette de chaque héritier — actif transmis, dettes du défunt et frais funéraires déjà déduits. Il ne l'établit pas : c'est le travail du notaire, et la valorisation des biens en est le point délicat.
- Il ne traite ni l'assurance-vie, qui suit un régime entièrement distinct (art. 990 I et 757 B), ni les exonérations — biens ruraux, forêts, entreprises sous pacte Dutreil, monuments historiques —, ni le démembrement et l'usufruit du conjoint, dont la valeur dépend de l'âge.
- L'abattement de 20 % sur la résidence principale du défunt, lorsqu'elle est occupée par le conjoint ou un enfant, n'est pas appliqué : il suppose des conditions que ce calcul ne peut pas vérifier. Retranchez-le vous-même de la part concernée le cas échéant.
- Chaque héritier est taxé séparément, sur sa part et avec son propre abattement. Il n'existe pas d'impôt « sur la succession » : deux enfants recevant chacun 200 000 € paient bien moins qu'un enfant unique en recevant 400 000.
- L'abattement se reconstitue tous les quinze ans. Les donations reçues du défunt dans les quinze années précédant le décès le consomment d'abord — c'est le rappel fiscal de l'art. 784 du CGI, et c'est ce qui rend la donation anticipée efficace.
L'écart entre les liens de parenté est brutal
Un enfant bénéficie de 100 000 € d'abattement et d'un barème progressif qui commence à 5 %. Un frère ou une sœur : 15 932 €, puis 35 % d'emblée. Un neveu : 7 967 €, puis 55 % sur tout le reste. Un tiers, un filleul, un concubin : 1 594 € et 60 %.
Sur une part de 300 000 €, un tiers paie plus de quatre fois ce que paie un enfant. Et au-delà de la fratrie, il n'y a plus de barème progressif du tout : un taux unique frappe la totalité de la part. C'est ce qui rend la transmission hors ligne directe si coûteuse — et ce qui justifie de l'anticiper.
L'abattement se reconstitue tous les quinze ans
Les donations reçues du défunt dans les quinze années précédant le décès consomment l'abattement : c'est le rappel fiscal de l'article 784 du CGI. À l'inverse, une donation faite plus de quinze ans avant le décès n'est pas rappelée, et l'abattement est de nouveau plein.
C'est le seul levier vraiment puissant en matière de transmission, et il suppose du temps. Le calculateur en tient compte : renseignez les donations antérieures pour voir ce qu'il reste d'abattement disponible.
L'abattement handicap se cumule, et il est souvent oublié
159 325 € en faveur d'un héritier handicapé, qui s'ajoutent à l'abattement personnel — le BOFiP emploie ce mot. Un enfant handicapé dispose donc de 259 325 € avant tout impôt. C'est le seul abattement qui se cumule.
Ce que ce calcul ne fait pas
Il ne détermine pas la part nette de chacun : c'est le travail du notaire, et la valorisation des biens en est le point délicat. Il suppose donc que les dettes du défunt et les frais funéraires sont déjà déduits.
Il ne traite ni l'assurance-vie, qui suit un régime entièrement distinct — articles 990 I et 757 B, hors succession —, ni le démembrement et l'usufruit du conjoint, dont la valeur dépend de son âge, ni les exonérations : biens ruraux, bois et forêts, entreprises transmises sous pacte Dutreil, monuments historiques. L'abattement de 20 % sur la résidence principale occupée par le conjoint ou un enfant n'est pas appliqué non plus : il suppose des conditions que ce calcul ne peut pas vérifier.
Sources
- Article 777 du code general des impots - tarif des droits de mutation a titre gratuit — Legifrance - Journal officiel, état au 1 janvier 2026. Tableau I, ligne directe : 5 % jusqu'a 8 072 EUR, 10 % de 8 072 a 12 109, 15 % de 12 109 a 15 932, 20 % de 15 932 a 552 324, 30 % de 552 324 a 902 838, 40 % de 902 838 a 1 805 677, 45 % au-dela. Tableau III : entre freres et soeurs, 35 % jusqu'a 24 430 EUR et 45 % au-dela ; entre parents jusqu'au 4e degre inclusivement, 55 % ; entre parents au-dela du 4e degre et entre personnes non parentes, 60 %.
- BOI-ENR-DMTG-10-50-20 - Abattements sur la part nette revenant a chaque ayant droit — Bulletin officiel des finances publiques - DGFiP, état au 24 mai 2023. Abattement de 100 000 EUR en ligne directe - enfant, pere, mere (art. 779, I du CGI) ; 15 932 EUR pour un frere ou une soeur (art. 779, IV) ; 7 967 EUR pour un neveu ou une niece (art. 779, V) ; 159 325 EUR en faveur d'un heritier handicape (art. 779, II), qui s'ajoute a l'abattement personnel et se cumule donc avec lui ; 1 594 EUR a defaut d'autre abattement applicable (art. 788, IV).