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Frontaliers · Résidence en France · Revenus 2025

L'impôt français sur votre salaire suisse

Un frontalier ne paie pas son impôt au même endroit selon le canton où il travaille. Dans huit cantons, la Suisse ne retient rien et la France impose tout. Dans les dix-huit autres, Genève en tête, la Suisse prélève à la source et la France annule son propre impôt par un crédit. Deux mécaniques opposées, pour un même travail.

Votre emploi en Suisse

Canton de l'accord de 1983 : votre salaire est imposable en France, et rien n'est retenu à la source en Suisse.

La troisième option applique l'annexe 2047-SUISSE poste par poste, en renvoyant aux lignes de votre Lohnausweis.

Le montant à porter sur votre déclaration, non le brut du contrat.

Votre foyer fiscal

Le concubinage n'est pas une imposition commune : chacun déclare séparément.

Une demi-part pour chacun des deux premiers, une part entière à partir du troisième.

Le salaire de votre conjoint, par exemple. La déduction de 10 % lui est appliquée séparément.

Revenus fonciers, pensions et autres, déjà nets de frais.

Impôt français dû — Vaud
9 304 EUR
Soit 15,51 % de votre salaire suisse. Rien n'a été retenu à la source en Suisse.
Nombre de parts
1
Revenu net imposable
54 000 EUR
Tranche marginale
30 %
Déduction de 10 %
6 000 EUR
Net après impôt 84,5 %Impôt français 15,5 %

Le détail du calcul

Revenu net imposable du foyerSalaires diminués de la déduction de 10 % (6 000 EUR)54 000 EUR
Quotient familial — 1 part(s)Revenu par part : 54 000 EUR
Impôt issu du barèmeBarème progressif appliqué au revenu par part, multiplié par 19 304 EUR
Plafonnement non atteintAvantage de 0 EUR pour un plafond de 0 EUR9 304 EUR
Décote non applicableL'impôt dépasse le seuil au-delà duquel la décote s'annule
Impôt dûAprès arrondi à l'euro le plus proche9 304 EUR
Rien n'est retenu en Suisse — c'est à vous de provisionner. Dans les huit cantons de l'accord de 1983, votre employeur ne retient aucun impôt. Vous percevez donc un salaire non fiscalisé, et l'impôt français arrive ensuite, par le prélèvement à la source français ou par acomptes. C'est la première mauvaise surprise des nouveaux frontaliers.
Le régime tient à un seuil de nuitées. La qualité de frontalier suppose un retour en France quasi quotidien : au plus 45 nuitées passées en Suisse dans l'année, pour un temps plein — article 3 de l'accord du 11 avril 1983. Au-delà, ce régime tombe et votre salaire redevient imposable en Suisse. Il faut par ailleurs détenir l'attestation de résidence fiscale 2041-AS ou 2041-ASK.
À savoir avant d'utiliser ce chiffre.
  • Le montant à saisir est le salaire imposable tel qu'il doit figurer sur votre déclaration, et non le brut du contrat. La détermination de ce montant à partir du certificat de salaire suisse — notamment la déduction des cotisations sociales suisses obligatoires — obéit à ses propres règles, que ce calcul n'établit pas.
  • Pour un salaire suisse, la conversion se fait au taux annuel unique imprimé sur l'annexe 2047-SUISSE — 1,07 pour les revenus de 2025 — et non au cours du jour de l'encaissement, qui n'est la règle que pour les autres revenus de source étrangère.
  • Ce calcul ne couvre ni les demi-parts d'invalidité ou d'ancien combattant, ni la résidence alternée, ni l'abattement des personnes de plus de 65 ans, ni les réductions et crédits d'impôt, ni les prélèvements sociaux.
  • Ce canton est partie à l'accord du 11 avril 1983 : votre salaire n'est pas imposé à la source en Suisse. Il se déclare lignes 1AG à 1DG, avec une 2047-Suisse et votre certificat de salaire suisse.

La ligne de partage : l'accord du 11 avril 1983

Huit cantons y sont parties : Berne, Soleure, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Vaud, Valais, Neuchâtel et le Jura. Pour un résident de France qui y travaille, le salaire est imposable dans l'État de résidence. L'employeur suisse ne retient donc aucun impôt, et le salaire se déclare lignes 1AG à 1DG, accompagné d'une déclaration 2047-Suisse et du certificat de salaire suisse — le Lohnausweis.

Tous les autres cantons, « notamment le canton de Genève » selon les termes de la brochure officielle, n'ont pas adhéré. Le salaire y est imposé à la source en Suisse, puis déclaré en France lignes 1AF à 1DF, où il ouvre droit à un crédit d'impôt égal à l'impôt français. Le résultat net est l'absence d'impôt français sur ce salaire — à condition qu'il ait effectivement été soumis à l'impôt en Suisse.

Exonéré ne veut pas dire sans effet

Le crédit d'impôt annule l'impôt qui frappait le salaire suisse. Il ne le retire pas du revenu imposable pour autant : ce salaire fait monter le taux appliqué à tout le reste. Un couple dont l'un travaille à Genève et l'autre en France paiera donc, sur le seul salaire français, davantage qu'un couple gagnant la même chose en France sans revenu suisse.

Et ce crédit n'est ni reportable ni restituable : s'il dépasse l'impôt dû, l'excédent est perdu.

Dans les huit cantons, rien n'est prélevé — et c'est un piège

Un frontalier vaudois ou jurassien touche un salaire sur lequel aucun impôt n'a été retenu, ni en Suisse ni à la source. L'impôt français arrive ensuite. Le montant paraît alors considérable, parce qu'il n'a jamais été lissé sur les fiches de paie : c'est la première mauvaise surprise des nouveaux frontaliers, et elle se provisionne.

Le quotient familial, et le plafond qui le rattrape

Le barème s'applique au revenu divisé par le nombre de parts, puis le résultat est multiplié par ce même nombre. Les deux premiers enfants valent une demi-part chacun, le troisième et les suivants une part entière — la progression n'est pas linéaire, et c'est voulu.

Mais l'avantage qui en résulte est plafonné à 1 807 € par demi-part supplémentaire. Au-delà d'un certain revenu, un enfant de plus ne réduit l'impôt que de ce plafond, quelle que soit la tranche atteinte. Une personne qui élève seule ses enfants bénéficie d'une demi-part de plus, dont l'avantage relève d'un plafond distinct de 4 262 € pour les deux premières demi-parts.

Du certificat de salaire suisse au montant à déclarer

C'est l'étape que tout le monde redoute, et l'administration lui consacre un formulaire entier : l'annexe 2047-SUISSE, « un feuillet par canton et par frontalier ». Elle procède en quatre blocs et renvoie, poste par poste, aux numéros de ligne de votre Lohnausweis. Le calculateur ci-dessus la transcrit : choisissez « Je pars de mon certificat de salaire suisse ».

Trois pièges y sont tapis. Les allocations pour frais de la ligne 13 s'ajoutent au brut, malgré leur nom. Les allocations familiales cantonales de la ligne 15 s'en retirent, mais seulement dans la limite du montant cantonal. Et la cotisation maladie française des frontaliers — celle que vous versez à l'Urssaf — ne se déduit pas du salaire : elle se porte à la ligne 6DD de la 2042-C, où elle s'impute sur le revenu global. La porter au mauvais endroit fausse le revenu catégoriel sans qu'aucun contrôle ne le signale.

Se déduisent en revanche du salaire lui-même : les cotisations AVS, AI, APG, AC et AANP de la ligne 9, la prévoyance professionnelle obligatoire de la ligne 10.1, la LAMal de base, et le rachat de deuxième pilier pour sa seule part légalement obligatoire, dans la limite de douze trimestres.

Un taux de conversion annuel, fixé par l'administration

Deux règles coexistent, et l'on prend souvent la mauvaise. La brochure pratique pose la règle générale des revenus de source étrangère : conversion au cours du jour de l'encaissement. Mais pour les salaires suisses, l'annexe 2047-SUISSE fixe elle-même un taux annuel unique, imprimé sur le formulaire — 1,07 franc pour un euro pour les revenus de 2025.

C'est ce taux-là qui s'applique à votre salaire. Il change chaque année : vérifiez-le sur le formulaire du millésime concerné, le calculateur le laisse modifiable.

Ce que ce calcul fait, et ce qu'il ne fait pas

Il applique le barème 2026 sur les revenus de 2025, le quotient familial, son plafonnement, la décote, l'arrondi à l'euro et le seuil de mise en recouvrement de 61 €. La DGFiP publiant le barème sous deux formes — un tableau de tranches et une formule rapide — l'implémentation est vérifiée contre les deux, sur plus de quinze mille points. Le tableau officiel des revenus à partir desquels le plafonnement s'applique sert de troisième recoupement, indépendant.

Il détermine le montant imposable à partir de votre certificat de salaire suisse, en transcrivant l'annexe 2047-SUISSE. Une limite subsiste : le plafond du rachat de deuxième pilier — douze trimestres évalués au barème de la CNAV — n'est pas calculé, faute d'un barème français que ce site ne porte pas encore. Le montant que vous saisissez à ce poste doit donc déjà être plafonné.

Il ne traite ni les demi-parts d'invalidité ou d'ancien combattant, ni la résidence alternée, ni l'abattement des plus de 65 ans, ni les réductions et crédits d'impôt, ni les prélèvements sociaux — dont le régime dépend, pour un frontalier, de son affiliation à l'assurance maladie.

Sources

Avertissement. Estimation à caractère indicatif, calculée à partir des valeurs que vous saisissez et des barèmes officiels publiés à la date indiquée. Ne constitue ni un conseil fiscal, ni un conseil juridique, ni un conseil en investissement. Votre situation réelle peut comporter des éléments que ce calculateur ne prend pas en compte : faites confirmer par un professionnel avant toute décision engageante.